Danser le sirtaki : conseils d’un professeur de danse grecque

Le Sirtaki, souvent attribué à la Grèce traditionnelle, n’a vu le jour qu’en 1964. Malgré sa popularité, peu de danseurs connaissent l’origine hybride de ses pas, résultat d’un mélange entre figures lentes et rapides, inspirées du hasapiko et du hasaposerviko.

Inutile de maîtriser la danse classique ou de briller en contemporain pour se lancer dans le sirtaki. Même les habitués des pistes de danse se heurtent parfois à la coordination du groupe. Chaque région y va de sa petite variation, bousculant parfois l’ordre des figures et forçant chacun à rester vigilant, prêt à s’ajuster à la volée.

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Sirtaki : une histoire vivante entre tradition et modernité

Imaginée sur une plage du Pirée, mais née dans la lumière froide des studios de cinéma, la danse grecque du sirtaki n’a rien d’un vestige poussiéreux. En 1964, lors du tournage du film Zorba le Grec, Michael Cacoyannis cherche une danse accessible pour Anthony Quinn, qui ne pouvait exécuter les mouvements complexes du folklore hellénique. Il combine alors des éléments du hasapiko, danse lente pratiquée par les bouchers, et du hasaposerviko, plus rapide et plus fougueux. Le résultat ? Une création hybride, moderne, destinée à devenir l’un des symboles les plus universels de la culture grecque.

Impossible d’évoquer le sirtaki sans parler de la musique de Mikis Theodorakis. Le son du bouzouki guide la progression du groupe, la cadence s’intensifie, et tout le monde sent monter l’élan. La danse débute calmement, puis accélère, exigeant à la fois retenue et énergie. Ce contraste entre passé et présent, sobriété et exubérance, forge l’identité si singulière du sirtaki.

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Au cœur de la diaspora grecque, lors de fêtes ou de rassemblements, la danse agit comme un trait d’union. L’exemple le plus frappant reste sans doute la fameuse soirée cannoise de 1964 orchestrée par Eddie Barclay : artistes et anonymes découvrent le sirtaki, l’adoptent, et le propulsent sur la scène internationale. Contrairement à d’autres danses traditionnelles grecques telles que le syrtos ou le pidikhtos, autrefois réservées à des moments codifiés,, le sirtaki s’est invité dans la vie de tous les jours, incarnant l’esprit grec jusque dans les pas hésitants des débutants.

Groupe divers de danseurs sirtaki en plein air sur place grecque

Pas à pas avec un professeur : conseils, astuces et ressources pour apprendre le sirtaki facilement

Pour aborder le sirtaki, tout commence par l’écoute du rythme. Un professeur de danse grecque le répète souvent : « Avant de vous lancer, laissez la musique guider vos mouvements. Le tempo ira crescendo : suivez-le, sans forcer, sans courir. » On se place côte à côte, main sur l’épaule du voisin, formant une ligne compacte. Le pied gauche initie le mouvement. Un pas en avant, un croisé, une marche arrière, des gestes simples, accessibles, mais qui demandent de s’accorder avec le groupe.

Apprendre le sirtaki, c’est aussi s’approprier quelques techniques concrètes. Mieux vaut multiplier les séances courtes et régulières qu’épuiser son énergie lors d’un entraînement marathon. La posture fait toute la différence : buste droit, épaules relâchées, regard franc. Ici, le secret réside dans la sobriété. Inutile d’exagérer les gestes : la précision et la discrétion assurent la cohésion de la ligne. Pour mémoriser l’enchaînement, il est utile de décomposer chaque passage, lentement d’abord, puis d’accélérer au fil des répétitions, suivant la dynamique même du sirtaki.

Ressources pour progresser

Voici quelques pistes pour ceux qui souhaitent approfondir :

  • Cours de danse en présentiel, proposés par des associations helléniques et des centres culturels.
  • Vidéos pédagogiques réalisées par des professeurs de danse grecque, accessibles en ligne.
  • Pratique collective lors de stages ou de soirées dédiées aux danses traditionnelles.

Le sirtaki se transmet par la patience et l’exemple. Les danseurs confirmés recommandent d’écouter la musique longuement, pour mieux s’en imprégner avant de tenter les pas. Cette danse se vit aussi bien avec les jambes qu’avec l’oreille et la mémoire partagée du groupe. Une fois pris dans le rythme, chacun trouve sa place, et la magie opère, la ligne avance, le tempo s’accélère, et le plaisir se lit sur tous les visages.

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